October 29, 2010

Cosmopolitan Hotel of Las Vegas : Just the right amount of wrong

Dans le film Lost in Translation, Sofia Coppola met en scène un acteur sur le déclin, en visite à Tokyo pour un tournage publicitaire. Logé dans un luxueux palace, il contemple la ville en contrebas, fait d’insipides rencontres dans le bar lounge de cet hôtel, mais finalement, il ne voit rien, ne ressent rien. Comme si, malgré le confort, le cadre somptueux et le service trois étoiles, les plaisirs matériels offerts par cet environnement privilégié n’étaient qu’un mirage destiné à masquer le vide de ce voyage.

Seule la rencontre d’une jeune inconnue (dans la rue !) lui permettra d’enchanter son séjour et de « vivre » enfin cette destination. Le film fonctionne comme une métaphore de la solitude que l’on peut éprouver dans une prison dorée. A cet égard, il résume bien l’image que l’on a souvent des hôtels, aussi luxueux soient-ils.  De belles coquilles… vides de toute relation humaine.

Palace with soul

Le nouveau spot de l’agence Fallon pour le Cosmopolitan of Las Vegas, qui ouvrira en décembre, prend le contre-pied de l’image trop souvent véhiculée par la publicité hôtelière : design contemporain, services à la carte, accueil personnalisé… Finalement, des cadres interchangeables, sans personnalité et donc impersonnels. Or, dans personnalité, il y a le mot « personne », individu.

Dans un exercice de style visant à redonner au luxe hôtelier le sens de l’exceptionnel, du personnel et de l’émotionnel, le Cosmopolitan Hotel devient le lieu de rencontres improbables et d’expériences parfois extravagantes. Dans cet univers où l’innocence la plus pure côtoie une forme de décadence soft, il règne un esprit qui n’est pas sans rappeler celui d’hôtels mythiques comme le Chelsea Hotel ou le Château Marmont. Des lieux légendaires qui ont bâti leur réputation et leur attractivité non pas sur leur cadre, mais sur la démesure de leurs occupants et les histoires extraordinaires qui s’y sont déroulées.

Cette stratégie a deux mérites : elle redonne une dimension vraiment aspirationnelle au palace, tout en faisant la promotion de la destination Las Vegas. Un second point symbolisé par la signature « Just the right amount of wrong ». Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme Sin City…